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Avec un encours total de 2 162 milliards d’euros à fin juin 2026, l’assurance-vie en France confirme sa position de placement préféré des Français, selon les données de France Assureurs. Ce montant dépasse à lui seul les encours cumulés du Livret A, du LDDS, du PEA et du PER.
Ce succès n’est ni un hasard ni un effet de mode. Il repose sur une architecture juridique et fiscale qu’aucun autre produit d’épargne ne parvient à répliquer dans un seul contrat.
Preuve de cet engouement, vingt millions de Français en détiennent une. Cet attrait s’est d’ailleurs traduit par une collecte nette record de plus de 50 milliards d’euros en 2025, un niveau inégalé depuis 2010.
Cet article décrypte les mécanismes qui expliquent cette domination. Nous aborderons d’abord l’avantage fiscal après huit ans, puis la transformation du comportement des épargnants avec les unités de compte.
Pour finir, nous verrons le caractère unique de ce contrat pour la transmission de patrimoine en Europe.

L’assurance-vie en 2025-2026 : des chiffres qui parlent d’eux-mêmes
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. La collecte de l’assurance-vie a progressé de 18 % sur douze mois au premier semestre 2025, avec un encours ayant symboliquement franchi la barre des 2 000 milliards d’euros.
En juin 2026, les cotisations ont atteint 19,3 milliards d’euros, établissant un nouveau record mensuel selon France Assureurs.
Ces flux ne s’expliquent pas seulement par la performance des fonds en euros. Plusieurs facteurs convergent pour amplifier cette dynamique.
La chute du Livret A comme accélérateur
Le taux du Livret A est tombé à 1,5 % au 1er février 2026, puis à 1,7 % au 1er août 2026. En parallèle, les fonds en euros de l’assurance-vie affichaient un rendement moyen de 2,65 % nets de frais de gestion en 2025. L’écart de rémunération est désormais significatif.
Par ailleurs, plus de trois millions de plans d’épargne logement (PEL) arrivent à terme entre 2026 et 2030, libérant une manne estimée à 93 milliards d’euros. Pour leurs détenteurs, l’assurance-vie constitue logiquement la destination prioritaire de ces capitaux.
Un taux de détention en hausse constante
Selon l’INSEE, 41,7 % des ménages français détenaient au moins un contrat d’assurance-vie début 2024, contre 25,9 % vingt ans plus tôt. Cette progression de près de seize points en deux décennies illustre une adoption qui ne ralentit pas.
Fait notable, l’encours moyen par contrat s’établit autour de 37 000 euros, et 60 % des contrats détiennent moins de 10 000 euros, ce qui démontre que ce placement n’est pas réservé aux patrimoines élevés.
Pourquoi aucun autre placement n’égale cette architecture
L’assurance-vie doit sa position dominante à une combinaison d’avantages structurels qu’aucun produit concurrent ne réunit dans un seul véhicule. Le Livret A garantit le capital mais plafonne à 22 950 euros.
De son côté, le PEA permet d’investir en actions avec une fiscalité allégée mais plafonne à 150 000 euros et exclut les obligations ou les SCPI. Le PER offre un avantage fiscal à l’entrée mais bloque les fonds jusqu’à la retraite. L’assurance-vie, elle, n’impose aucun de ces compromis.
La fiscalité dégressive : l’avantage qui s’accumule dans le temps
Après huit ans de détention, les gains retirés bénéficient d’un abattement annuel sur les plus-values de 4 600 euros pour une personne seule et de 9 200 euros pour un couple.
Au-delà, les gains issus de versements postérieurs au 27 septembre 2017 sont taxés au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) de seulement 7,5 % pour les 150 000 premiers euros versés, contre 12,8 % en droit commun.
Concrètement, un couple qui retire 18 400 euros de plus-values par an après huit ans de contrat ne paie aucun impôt sur ces gains. Cela permet de constituer des revenus complémentaires largement défiscalisés, une mécanique qu’un Livret A ou un compte-titres ordinaire ne peut pas répliquer.
La transmission hors succession : un avantage unique en Europe
Pour les primes versées avant 70 ans, chaque bénéficiaire désigné profite d’un abattement de 152 500 euros, totalement exonéré de droits de succession. Au-delà, le prélèvement est de 20 % jusqu’à 700 000 euros transmis, puis de 31,25 %, des taux bien plus favorables que les barèmes classiques qui peuvent dépasser 45 %.
Prenons un exemple concret. Un souscripteur qui désigne ses trois enfants comme bénéficiaires peut transmettre jusqu’à 457 500 euros sans aucun droit de succession. Cette disposition est une exception fiscale française sans équivalent dans les pays voisins.
Au Royaume-Uni, en Allemagne ou aux États-Unis, l’assurance-vie reste principalement un produit de protection décès, et non un outil de transmission patrimoniale à cette échelle.
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Le virage vers les unités de compte : un changement de comportement profond
La transformation la plus significative de ces dernières années est comportementale. La part des versements orientés vers les unités de compte (UC), des supports sans garantie en capital mais à potentiel de rendement supérieur, est passée de 18 % il y a dix ans à près de 39 % des cotisations en 2025.
En juin 2026, cette part a même atteint 43 % sur le mois.
Selon l’enquête 2025 du Cercle de l’Épargne, 76 % des épargnants estiment que l’assurance-vie est un placement intéressant. Le taux de satisfaction des détenteurs de fonds en euros est de 62 %, un chiffre identique pour ceux qui ont investi en unités de compte, tandis que celui des détenteurs de PER assurantiel monte à 65 %.
Les supports disponibles : un univers sans équivalent
Un contrat multisupport moderne donne accès à plusieurs centaines, voire milliers de supports différents. Voici ce que l’on peut loger dans une seule enveloppe d’assurance-vie :
- Fonds en euros : capital garanti, rendement stable autour de 2,65 % en 2025
- ETF indiciels : réplication d’indices boursiers à frais réduits
- SCPI (Sociétés Civiles de Placement Immobilier) : accès à l’immobilier sans gestion directe
- Private equity : investissement dans des entreprises non cotées
- Fonds obligataires et diversifiés : exposition aux marchés de taux
- Fonds labellisés ISR, Greenfin : investissement responsable
Aujourd’hui, 76 % des investissements français dans le non-coté transitent par l’assurance-vie, ce qui en fait le principal vecteur d’accès à l’économie réelle pour les particuliers.
Comparaison des principaux placements français : ce que l’assurance-vie fait seule
Pour rendre la comparaison concrète, voici les différences structurelles entre les principales enveloppes d’épargne disponibles en France.
| Critère | Assurance-vie | Livret A | PEA | PER |
|---|---|---|---|---|
| Plafond de versement | Aucun | 22 950 € | 150 000 € | Limité par le revenu |
| Liquidité | Permanente | Permanente | Permanente (perd avantage fiscal avant 5 ans) | Bloqué jusqu’à la retraite (sauf cas dérogatoires) |
| Avantage successoral | 152 500 € par bénéficiaire | Aucun | Aucun | Partiel |
| Accès au non-coté | Oui | Non | Non | Oui (limité) |
| Fiscalité après 8 ans | Abattement + PFU à 7,5 % | Exonération totale | Exonéré d’IR (prélèvements sociaux dus) | IR à la sortie |
Les moteurs qui renforcent cette position pour les années à venir
La domination actuelle de l’assurance-vie n’est pas un phénomène conjoncturel. Plusieurs tendances structurelles la renforcent durablement.
Pour commencer, le vieillissement démographique. Les 65 ans et plus représentent 21 % de la population française et pourraient atteindre 29 % d’ici 2070. Cette évolution accroît mécaniquement les besoins de préparation à la retraite et de transmission intergénérationnelle, les deux points forts du contrat.
Deuxièmement, la digitalisation du secteur a compressé les frais. Des contrats en ligne proposent désormais 0 % de frais d’entrée et entre 0,50 % et 0,60 % de frais de gestion annuels, contre 2 % à 5 % dans les réseaux traditionnels.
Sur 20 ans, un écart de frais d’un point représente plus de 30 000 euros de capital final sur 100 000 euros placés.
Troisièmement, l’élargissement de l’offre. La réorientation des PEL arrivant à échéance et les nouvelles règles permettant l’accès simplifié au private equity alimentent la collecte et diversifient les opportunités d’investissement au sein même des contrats.
En résumé…
En conclusion, l’assurance-vie n’est pas seulement le premier placement des Français en termes d’encours, c’est aussi le plus complet. Sa force réside dans sa capacité unique à combiner une fiscalité avantageuse, une grande souplesse d’utilisation et un cadre privilégié pour la transmission de patrimoine.
Alors que les épargnants cherchent à la fois sécurité, rendement et solutions pour préparer l’avenir, l’assurance-vie continue de prouver qu’elle est un outil incontournable et remarquablement adapté aux défis financiers de long terme.
Découvrez pourquoi l’assurance-vie est le placement préféré des Français.
Questions Fréquemment Posées
Quels sont les facteurs qui expliquent la progression de l’assurance-vie en France ?
Quelle est l’importance des unités de compte dans l’assurance-vie ?
Comment l’assurance-vie soutient-elle l’économie réelle ?
Quels sont les coûts associés à l’assurance-vie en ligne par rapport aux banques traditionnelles ?
Quelle est la différence entre l’assurance-vie et d’autres produits d’épargne concernant la fiscalité ?






